L’entreprise angevine AlphaPen qui développe depuis quelques années un stylo connecté permettant de numériser l’écriture manuscrite a changé de nom et se diversifie. Devenue AlphaEdge, la startup s’oriente désormais davantage vers le développement d’intelligences artificielles sur mesure.

Théo Hubert et Fabien Fasson sont à la tête d’AlphaEdge – © Angers.Villactu.fr
Ils voulaient redonner « ses lettres de noblesse » au stylo, quelque peu délaissé par l’avènement du numérique. Théo Hubert et Fabien Fasson travaillaient ces dernières années à la création d’un stylo connecté offrant la possibilité de numériser des écrits. La startup angevine, baptisée AlphaPen, devait le commercialiser en 2025.
Spécialisée dans l’intelligence artificielle, la jeune pousse s’était entourée de partenaires pour proposer sur le marché ce concept innovant, fonctionnant uniquement en local, sans nécessiter de connexion Internet. « Nous avons connu des difficultés avec nos partenaires industriels. Le projet n’est pas abandonné, mais légèrement retardé », confie Fabien Fasson, co-fondateur de la startup. Un pré-lancement commercial est prévu en septembre 2026 pour des premières livraisons espérées début 2027.
« Il faut savoir faire preuve d’agilité lorsqu’on est entrepreneur. Nous avons décidé de nous recentrer sur ce que nous savions faire, à savoir concevoir et vendre nos propres modèles d’IA », poursuit le trentenaire.
Des IA moins énergivores
Il y a quelques mois, Théo Hubert et Fabien Fasson ont décidé de renommer leur entreprise. AlphaPen devient AlphaEdge, avec pour objectif de remettre l’IA au cœur de leur stratégie de développement. Loin des nombreuses intelligences artificielles génératives qui ont vu le jour ces dernières années, AlphaEdge veut promouvoir le déploiement d’IA peu énergivore.
« En fonction des besoins, il n’est pas toujours utile d’avoir autant de connaissances à disposition que ce que propose les grands modèles d’IA qui sont devenus à la mode », analyse Théo Hubert, ancien étudiant de l’Esaip, une école d’ingénieurs située à Saint-Barthélemy-d’Anjou, au sein de laquelle l’entreprise s’est récemment installée.
Des solutions sur mesure
Aujourd’hui, la startup développe des intelligences artificielles sur mesure pour des entreprises telles que des banques ou des institutions. « Ce sont des IA qu’on peut déployer sur des téléphones, directement sur un ordinateur, voire dans des caméras, sans avoir besoin de connexion Internet », explique Fabien Fasson.
« Nous développons des intelligences artificielles plus légères, moins consommatrices d’énergie, qui répondent à des besoins spécifiques », complète Théo Hubert, âgé de 26 ans.
Face aux enjeux de cybersécurité et de souveraineté numérique, l’offre d’AlphaEdge rassure les clients évoluant dans des secteurs sensibles grâce à sa technologie qui fonctionne en local, sans passer par des serveurs qui deviennent des cibles.
Un fort développement
Dans un secteur en plein boom, AlphaEdge a connu une croissance particulièrement rapide ces derniers mois, avec une équipe qui compte d’ores et déjà dix personnes. « Nous devrions être une trentaine à la fin de cette année et 200 d’ici cinq ans », indiquent les deux co-fondateurs.
Pour continuer de se développer, la startup prévoit une levée de fonds qui vise à récolter 1 million d’euros. Une seconde, de 8 millions d’euros, est également dans les cartons.
Par Sylvain Réault.
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