À Angers, ils inventent le stylo de demain
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À Angers, ils inventent le stylo de demain

Après un travail de plusieurs années, Théo Hubert, ancien étudiant de l’Esaip, et son associé Fabien Fasson, s’apprêtent à lancer un stylo qui numérisera les écrits.

Fabien Fasson et Théo Hubert sont à la tête d’AlphaPen – © Angers.Villactu.fr

Permettre à ceux qui écrivent régulièrement sur du papier de numériser leurs écrits grâce à un simple stylo, c’est l’idée révolutionnaire qui a germé dans la tête de Théo Hubert il y a plusieurs années pendant ses études d’ingénieurs à l’Esaip. Originaire de la Lozère, le jeune entrepreneur de 25 ans, qui est aujourd’hui référent entrepreneuriat au sein de l’école d’ingénieurs située à Saint-Barthélemy-d’Anjou, a passé plusieurs années à travailler son projet, avec pas moins de 700 prototypes réalisés et plusieurs études de marché menées.

Véritable touche-à-tout, Fabien Fasson a eu, à seulement 32 ans, plusieurs vies professionnelles. Passé par le monde du poker, puis commercial dans différentes sociétés, il a fait la connaissance de Théo Hubert lors d’un « startup weekend », ces événements où des entrepreneurs se rencontrent et forment des équipes autour d’idées afin de les transformer en projet concret. « Quand Théo m’a parlé de son projet de stylo connecté, j’ai été emballé. J’ai été rattrapé par mon envie d’entreprendre », se souvient Fabien Fasson.

En novembre dernier, ils participent à l’événement « Pitch for Money » organisée par la CCI de Maine-et-Loire. Celui-ci permet aux entrepreneurs de rencontrer des financeurs et investisseurs de la région. « Ce fut un événement déterminant. Il nous a permis de structurer notre projet et de rencontrer des partenaires », expliquent les deux associés qui créent l’entreprise AlphaPen le mois suivant.

« Redonner ses lettres de noblesse au stylo »

Avant de lancer leur stylo connecté sur le marché, un temps de recherche et développement est encore nécessaire. La phase d’industrialisation viendra ensuite. « Il y aura probablement une prévente avec un crowdfunding dans les mois à venir », indiquent Fabien et Théo. Les stylos AlphaPen seront quant à eux fabriqués en partie par Seedlab, l’autre entreprise de Théo Hubert avec son associé Loïs Martin. « Seedlab s’occupera de la partie mécanique du stylo. Nous recherchons un partenaire industriel pour l’électronique », avance Fabien Fasson.

Depuis le début, ce futur stylo est imaginé par l’ancien élève de l’Esaip pour être réparable, fabriqué, au maximum, avec des matières recyclées. Parmi les cibles des deux associés : des enfants souffrants de dysorthographie, des journalistes, des professeurs, ou encore des thérapeutes. «  Nous voulons redonner ses lettres de noblesse au stylo. Les gens aiment écrire. Selon un récent sondage, le stylo reste le moyen préféré des Français pour écrire », note Théo Hubert.

L’intelligence artificielle au cœur du projet

Selon la gamme, les stylos AlphaPen devraient être vendus entre 50 et 180 euros. Les modèles proposés aujourd’hui sur le marché ne fonctionnent uniquement qu’avec un papier spécifique à chaque marque. Avec AlphaPen, Fabien et Théo entendent l’adapter à tous les supports, que ce soit un simple post-it, un carnet personnel ou une liste de courses.

Le stylo de la marque angevine retranscrira sur n’importe quel support numérique les écrits. « Ce sera uniquement du local, il n’y aura pas besoin d’être connecté à Internet, simplement en Bluetooth. Les utilisateurs pourront ensuite retrouver leur texte sur le logiciel de leur choix », précise Théo Hubert.

L’intelligence artificielle apportera une plus-value au stylo AlphaPen. « C’est tout simplement ce qui permettra de rendre le stylo intelligent. Il sera capable de reconnaître l’écriture d’une personne », soulignent les porteurs du projet qui ne veulent pas encore dévoiler en détail son fonctionnement.

Le stylo, dont le brevet est actuellement en cours de dépôt, devrait être disponible à la vente en 2025.

Par Sylvain Réault.