À Angers, les associations alertent sur le durcissement des conditions d’accès au titre de séjour
Société

À Angers, les associations alertent sur le durcissement des conditions d’accès au titre de séjour

Depuis le début de l’année, obtenir un titre de séjour est devenu plus complexe pour les personnes étrangères non européennes. Des structures, associations et syndicats tirent la sonnette d’alarme et prévoient un rassemblement à Angers ce jeudi 5 février devant la préfecture.

Structures et associations se mobilisent contre les nouvelles mesures – © Angers.Villactu.fr

La France a durci les conditions d’accès à certains titres de séjour pour les étrangers non européens depuis le 1er janvier 2026. Pour obtenir un droit de séjour, il faudra désormais avoir une maîtrise du français plus élevée et réussir un examen civique de quarante questions nécessitant d’obtenir 80 % de bonnes réponses.

Ces nouvelles exigences concernent surtout les personnes qui demandent un titre de séjour de longue durée pour la première fois, à l’exception des réfugiés. « Beaucoup de personnes ne peuvent pas atteindre le niveau demandé. Si l’objectif est d’encourager l’apprentissage du français, c’est complètement contre-productif. Nous allons obtenir du découragement et des personnes seront dans l’illégalité », explique Stéphane Raimbault, de l’association Lire écrire tout au long de la vie.

L’examen civique, sous forme de questionnaire à choix multiples, est également pointé du doigt. Les questions, parfois très pointues, portent sur les valeurs de la République, l’histoire de la France et le fonctionnement de la société. « Ces questions sont posées à des personnes qui, pour certaines, maîtrisent mal la langue française. À cause de cela, certains ne pourront pas obtenir leurs papiers », poursuit Stéphane Raimbault.

La situation s’est complexifiée à Angers depuis 2024, avec la fermeture de l’association l’APTIRA, qui œuvrait depuis 1968 pour l’intégration des étrangers. Elle proposait notamment des cours gratuits et de l’aide juridique. « Nous avons des listes d’attente énormes depuis cette fermeture », constate Paul Robert, du Groupement Education sans Frontières (GREF) qui propose des ateliers de français pour adultes migrants.

« Les travailleurs étrangers sont utiles à l’économie »

« Cette nouvelle réglementation est difficile pour les apprenants, mais également pour les associations », ajoute Élisabeth Boisseleau, de l’association La Petite Ecole, qui compte près de 75 bénévoles à Angers.

Selon les différents acteurs mobilisés, cette nouvelle réglementation a été mise en place sans anticiper les effets, avec notamment trop peu de centres d’examen.

« Les travailleurs étrangers sont utiles à l’économie, rappelle Éléonore Crosnier, secrétaire départementale de la CFDT. Dans le bâtiment, six travailleurs sur dix sont étrangers. S’ils ne peuvent plus travailler, les chantiers s’arrêtent. C’est également le cas dans les services de soins, d’aide à domicile ou encore dans la propreté. Les employeurs commencent à être inquiets ».

Un rassemblement est prévu ce jeudi 5 février devant la préfecture de Maine-et-Loire à 12 heures. À cette occasion, les associations, structures et syndicats espèrent rencontrer le préfet.

Par Sylvain Réault.

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