À Angers, des retraités rassemblés devant la CPAM pour défendre la Sécurité sociale
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À Angers, des retraités rassemblés devant la CPAM pour défendre la Sécurité sociale

Une vingtaine de retraités se sont rassemblés ce mardi 10 mars devant la CPAM, à Angers, dénonçant les récentes hausses du reste à charge pour les patients et alertant sur les difficultés croissantes d’accès aux soins.

Une petite vingtaine de retraités se sont rassemblés devant la CPAM d’Angers à l’appel d’organisations syndicales. – © Angers.Villactu.fr

Près d’une vingtaine de retraités se sont rassemblés ce mardi 10 mars en début d’après-midi devant les locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), rue Louis Gain à Angers. À l’appel de plusieurs organisations de retraités, dont l’USR-CGT 49, la FSU Retraités 49 et la FGR-FP, ils entendaient protester contre certaines mesures liées au financement de la Sécurité sociale et alerter sur l’augmentation du reste à charge pour les patients.

Les organisations syndicales dénoncent notamment des hausses décidées par décret. Celles-ci concernent « le forfait journalier hospitalier », « le forfait patient urgences » ou encore « la participation forfaitaire pour les actes coûteux ». Selon elles, « ces décisions pourraient entraîner des augmentations comprises entre 15 et 33 % pour certaines dépenses de santé ».

Secrétaire de l’Union syndicale des retraités CGT du Maine-et-Loire, Jean-Claude Bottereau explique la démarche du rassemblement : « Nous manifestons pour exprimer notre mécontentement par rapport à ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale. Des mesures qui avaient été rejetées lors du débat parlementaire sont finalement appliquées par décret, notamment l’augmentation des restes à charge quand on va chez le médecin, le pharmacien ou un spécialiste », affirme-t-il.

Pour lui, cette mobilisation intervient aussi dans un contexte symbolique : « La Sécurité sociale fête ses 80 ans cette année. C’est aussi notre manière de rappeler que ce système a été construit après la guerre et qu’il doit continuer à garantir la possibilité de se soigner selon les besoins et non selon les ressources », poursuit le responsable syndical.

Un accès aux soins jugé de plus en plus difficile

Parmi les manifestants, Sylvie, retraitée depuis un an, dit déjà ressentir les effets de certaines dépenses de santé sur son budget. « Avant, j’avais une mutuelle d’entreprise payée à 60 % par mon employeur. Aujourd’hui je dois la payer entièrement et je vais être obligée d’en changer parce que financièrement ce n’est plus possible », explique-t-elle.

Avec une pension d’environ 1 430 euros après 45 ans de travail dans le secteur du prêt-à-porter de luxe, elle dit également rencontrer des difficultés d’accès aux soins : « Pour avoir des rendez-vous, c’est saturé. Ça fait quatre ans que je cherche un dermatologue et on nous renvoie souvent vers le privé avec des dépassements d’honoraires qu’on ne peut pas payer », témoigne la retraitée.

À ses côtés, Jacques, retraité depuis 21 ans, explique être venu pour défendre ce qu’il considère comme un pilier du système social français : « Nous sommes là pour reconquérir la Sécurité sociale afin que toute la population soit protégée », affirme-t-il. Il évoque également le poids des dépenses de santé dans son budget : « La mutuelle, ça pèse. Si on avait une Sécurité sociale universelle, ces dépenses seraient couvertes par les cotisations sociales », estime-t-il.

Le retraité souligne aussi les difficultés pour accéder à certains spécialistes. « J’ai essayé d’obtenir un rendez-vous en cardiologie au CHU et je ne l’aurai qu’au mois d’octobre. Dans une clinique privée, j’ai pu avoir un rendez-vous au mois d’avril, mais à quel prix ? », questionne-t-il.

Les organisations de retraités à l’origine du rassemblement affirment vouloir poursuivre la mobilisation sur ces questions, une nouvelle journée d’action étant notamment annoncée pour le 2 avril prochain.

Par Eline Vion.

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