« Les conditions sont déplorables pour les malades » : à Angers, la mobilisation autour des urgences se poursuit
Santé

« Les conditions sont déplorables pour les malades » : à Angers, la mobilisation autour des urgences se poursuit

Ce samedi 14 février, près de 200 personnes se sont rassemblées devant la mairie d’Angers, avant de rejoindre la préfecture de Maine-et-Loire, afin de réclamer davantage de moyens pour les urgences du CHU d’Angers.

Près de 200 personnes ont défilé dans les rues d’Angers ce samedi matin – © Angers.Villactu.fr

Depuis le 19 janvier dernier, les soignants du service des urgences adultes du CHU d’Angers sont en grève. Avec les syndicats Force Ouvrière (FO) et Sud Santé Sociaux, ils réclament des lits supplémentaires et la création d’un poste d’aide-soignant 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. Malgré de multiples rencontres entre la direction de l’établissement de santé et les grévistes, aucune solution satisfaisante n’a pour le moment été trouvée. Ce samedi matin, soignants, syndicats et Angevins se sont rassemblés devant la mairie pour se faire entendre.

Des patients qui attendent des heures dans les couloirs

« Nous ne sommes pas entendus. Il y a toujours autant de monde à attendre dans les couloirs des urgences. Les conditions sont déplorables pour les malades », explique Léa, infirmière aux urgences. Une analyse partagée par sa collègue Angélique : « Les patients sont censés être vus dans l’heure. Actuellement, ils peuvent attendre jusqu’à six heures dans les couloirs. Une personne avec des troubles psychiatriques a attendu sept jours aux urgences une place d’hospitalisation. »

Selon les syndicats, il manque aujourd’hui 40 lits d’aval. Durant le pic d’activités, notamment lié aux épidémies hivernales, le CHU d’Angers avait ouvert une unité de tensions hospitalières composée de dix lits. « Après plusieurs semaines de tensions hospitalières, avec en moyenne une vingtaine de passages quotidiens supplémentaires, l’activité aux urgences adultes revient à un niveau habituel depuis plusieurs jours, conduisant à réduire les besoins en hospitalisation. Au regard du retour progressif à la normale aux urgences, il a été décidé la fermeture de l’unité de tensions hospitalières », expliquait il y a quelques jours la direction.

Une délégation a été reçue en préfecture – © Angers.Villactu.fr

Des « solutions pérennes » réclamées

Seulement, pour les grévistes, les difficultés sont chroniques et nécessitent des « solutions pérennes ». « Les patients qui nécessitent une prise en charge, notamment psychiatrique, sortent trop tôt. Ils reviennent rapidement aux urgences », dénonce Léa.

Les grévistes ont adressé une lettre ouverte, signée par 107 agents du service, à Christophe Béchu, maire d’Angers et président du conseil de surveillance du CHU. Une rencontre avec les grévistes a été organisée ce jeudi 12 février. « Nous attendons des actes. Il doit revenir vers nous avec des propositions dans les jours à venir », indique une aide-soignante, membre du syndicat Force Ouvrière.

Scandant « des bras, des lits pour l’hôpital public », les manifestants ont rejoint la préfecture de Maine-et-Loire où une délégation devait être reçue par le préfet.

Par Sylvain Réault.

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