Le loup à l’origine de plusieurs attaques dans le Maine-et-Loire ?
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Le loup à l’origine de plusieurs attaques dans le Maine-et-Loire ?

Le loup, dont la présence est avérée dans le Maine-et-Loire depuis fin 2024, pourrait être à l’origine de trois attaques en 2025. Les éleveurs peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs de soutien.

Le loup pourrait avoir tué plusieurs animaux dans le nord du département – © Adobe Stock

Ce mercredi 14 janvier 2026, la cellule veille « loups » s’est tenue au sein de la préfecture de Maine-et-Loire en présence de syndicats agricoles, de représentants de l’Office français de la biodiversité (OFB), de la Fédération de chasse et d’associations de protection de l’environnement.

Trois attaques où l’intervention d’un loup n’est pas exclue

Ce rendez-vous semestriel est l’occasion pour les différents acteurs de faire un état des lieux depuis que le retour du loup dans le Maine-et-Loire est officiel. Pour rappel, l’animal avait été repéré à La Séguinière dans la nuit du 7 au 8 décembre 2024 grâce à un piège photo.

Un loup a été photographié à La Séguinière près de Cholet fin 2024 – © DR

En 2025, l’OFB a comptabilisé 22 attaques sur des troupeaux. Seulement trois ont été classées comme « loup non exclu ». Il s’agit de deux attaques à Contigné (10 février et 12 novembre) et une à Ombrée-d’Anjou (10 mars).

« Ce sont des prédations où il n’est pas possible de savoir avec certitude s’il s’agit d’un chien ou d’un loup, explique Régis Gallais, référent loup de l’OFB dans les Pays de la Loire. Pour être certain, il faudrait une vidéo ou une photo. Le loup a une mâchoire dix fois plus puissante que celle d’un berger allemand. Cependant, certaines races de chiens, comme les chiens-loups, peuvent faire des dégâts similaires à un loup ». Les analyses génétiques ne sont actuellement pas utilisées en France, car considérées comme n’étant pas assez fiables.

Des aides à destination des éleveurs

Les éleveurs concernés par des attaques où l’intervention d’un loup ne peut pas être exclue peuvent être indemnisés. Pour s’en prémunir, ils peuvent également bénéficier de différentes aides. L’ensemble du département est classé en cercle 3. Les communes touchées par une potentielle attaque et celles à proximité sont quant à elles en cercle 2.

Les éleveurs en cercle 3 ont le droit à des aides pour se protéger. Il peut s’agir d’aides pour l’achat, la formation et l’entretien d’un chien. Ceux qui se trouvent en cercle 2 ont des aides supplémentaires comme l’installation de clôtures.

Depuis que le loup a été photographié dans le sud du département fin 2024, aucune preuve officielle supplémentaire n’a été enregistrée en 2025. Dans les départements limitrophes, la présence d’un loup en Mayenne a été avérée fin 2024. « Il s’agit d’un loup certainement différent de celui du Maine-et-Loire », indique Régis Gallais.

Davantage de loups pourront bientôt être tués

Après avoir été éradiqué du territoire français au début du 20ᵉ siècle, le loup a naturellement fait son retour au début des années 1990 depuis l’Italie. En juin 2025, le Conseil de l’Union européenne a abaissé le niveau de protection du loup, le faisant passer de « strictement protégé » à « protégé ».

Cette modification laisse davantage de marges de manœuvre aux États, notamment en matière de nombre de loups tués chaque année.

En France, la gestion de la population de loups, estimée à 1 082 individus en 2025, inclut un plafond annuel de prélèvement autorisé qui est fixé en pourcentage de l’estimation annuelle de la population.

Jusqu’ici, jusqu’à 19 % de la population de loups pouvait être tuée chaque année. Il y a quelques jours, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un relèvement du taux maximal de prélèvement de 19 % à 21 %. Une décision qui a été vivement critiquée par de nombreuses organisations et associations de protection de la nature qui pointent notamment du doigt le risque de voir la population de loups décliner sans forcément résoudre les problèmes de cohabitation entre les éleveurs et l’animal.

Par Sylvain Réault.

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