Grève des assistants de régulation du Samu 49 : « On s’épuise au fur et à mesure »
Santé

Grève des assistants de régulation du Samu 49 : « On s’épuise au fur et à mesure »

En grève illimitée à partir de ce jeudi 22 janvier, les assistants de régulation médicale du centre 15 du CHU d’Angers dénoncent des conditions de travail qui se dégradent. Ils étaient rassemblés toute la matinée devant l’entrée du CHU pour sensibiliser les usagers.

Des tracts ont été distribués aux usagers du CHU d’Angers – © Angers.Villactu.fr

Ce jeudi 22 janvier, les assistants de régulation médicale du centre 15 du CHU d’Angers ont débuté une grève illimitée. Ils sont les premiers interlocuteurs qu’un patient a au téléphone lorsqu’il compose le 15 ou le 116 117. Les assistants de régulation médicale orientent ensuite les appels vers le médecin urgentiste ou vers le médecin régulateur généraliste.

Jusqu’à 2 300 appels

Malgré des droits d’alerte déposés en octobre et novembre 2025 par le syndicat Sud Santé Sociaux, la situation est loin de s’être améliorée ces derniers mois selon les professionnels mobilisés ce jeudi matin devant le CHU d’Angers. « Actuellement, nous sommes 36 agents, alors que nous devrions être au moins 42 pour assurer un service normal. On s’épuise au fur et à mesure », explique Hervé Guijac, assistant de régulation médicale. Depuis la mise en place du 116 117 en 2017 et avec la pénurie de médecins traitants, les grévistes indiquent recevoir de plus en plus d’appels. En semaine, ce sont en moyenne 1 500 appels sur 24 heures. Un chiffre qui passe à 2 300 le week-end.

Les grévistes étaient rassemblés devant le CHU – © Angers.Villactu.fr

« Les risques d’erreur sont majeurs »

« Depuis octobre 2025, nous avons des journées de travail de 12 heures, avec des plannings alternant le jour et la nuit », expliquent les grévistes. « Travailler 12 heures, c’est déjà difficile, mais l’alternance jour et nuit, ça détruit. Nous avons besoin d’être empathiques, concentrés et à l’écoute des gens. Dans ces conditions, ce n’est pas possible et les risques d’erreur sont majeurs », dénoncent Hervé Guijac.

Une situation « devenue ingérable »

Le nouveau logiciel mis en place en fin d’année dernière est également dans le viseur des grévistes. « Maintenant, au bout d’une heure d’attente, l’échange est automatiquement coupé. Des personnes doivent nous rappeler trois ou quatre fois pour parler à un médecin », soulignent les grévistes. Pour Guillaume Le Corre, la situation est tout simplement « devenue ingérable ». « Notre logiciel décroche automatiquement les appels qui ne doivent pas durer plus d’1 min 30. Nous n’avons que 15 secondes de répit entre les appels. Malgré ces conditions de travail, nous n’avons pas le droit de nous tromper », complète-t-il.

Les agents avaient des messages à faire passer – © Angers.Villactu.fr

« Aujourd’hui, nous n’arrivons plus à suivre, il est nécessaire de recruter. Des agents partent, car ils sont épuisés », ajoute Hervé Guijac. Les grévistes ont rencontré la direction du CHU d’Angers mardi dernier. Une nouvelle rencontre est prévue lundi prochain pour tenter de trouver une sortie de crise.

Par Sylvain Réault.

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