En déplacement à Angers, le ministre de l’Enseignement supérieur face à la crise du financement universitaire
Politique

En déplacement à Angers, le ministre de l’Enseignement supérieur face à la crise du financement universitaire

Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, était en déplacement à Angers ce vendredi 9 janvier. Il s’est notamment rendu à l’Université d’Angers pour évoquer le financement des universités.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace était en visite à l’Université d’Angers – © Angers.Villactu.fr

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace n’a pas choisi n’importe quelle université pour parler du modèle de financement des universités françaises. La sous-dotation de l’établissement angevin est chiffrée à un peu plus de 53 millions d’euros. En juin 2025, le conseil d’administration de l’Université d’Angers avait voté un budget rectificatif avec un déficit de 6 millions d’euros.

« Au total, une soixantaine d’universités françaises prévoient un budget 2026 en déficit et une dizaine verront leur trésorerie s’approcher de zéro dans les prochains mois, voire passer en dessous. La question que nous devons collectivement nous poser, c’est bien de savoir ce que nous attendons de notre modèle français d’enseignement supérieur et de recherche et à quel point nous voulons en faire une priorité nationale », a indiqué en amont d’une table-ronde sur le financement des universités la présidente de l’Université d’Angers, Françoise Grolleau.

Dans l’après-midi, le ministre a visité le laboratoire Moltech-Anjou, installé sur le campus de Belle-Beille. Ce dernier rassemble 80 chercheurs, ingénieurs, techniciens et doctorants autour d’activités scientifiques portant sur le développement de matériaux moléculaires, organiques ou hybrides, utilisés dans des domaines de pointe tels que l’électronique organique ou les matériaux énergétiques.

Des moyens insuffisants

Les chercheurs rencontrés ont fait part au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace de budgets insuffisants et d’un manque d’équipements pour mener à bien leur travail.

« Nous travaillons dans des locaux particulièrement vétustes. Il y a un fort contraste entre la science de pointe que nous faisons ici et les infrastructures dans lesquelles nous sommes. L’université fait au mieux avec son budget », explique Antoine Goujon, enseignant-chercheur au sein du laboratoire Moltech-Anjou.

Des assises sur le financement des universités

Malheureusement pour le personnel de l’université angevine, le ministre n’est pas venu en Anjou faire de grandes annonces, dans un contexte où le budget 2026 n’est pas certain d’être adopté. « Nous venons de lancer une mission pour la réalisation d’assises sur le financement des universités. Il s’agira de voir ce qui fonctionne et ce qui a besoin d’être amélioré. Il y a aussi des contraintes administratives à lever pour rendre le fonctionnement plus efficace », a indiqué Philippe Baptiste. Des propositions issues de ces assises devront être sur le bureau du ministre au plus tard en avril prochain.

« Nous n’investissons pas assez dans la recherche et l’innovation »

Autre sujet au cœur du déplacement du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace : l’attractivité de la France pour les chercheurs. « Nous sommes un grand pays de sciences et il faut qu’on le reste. Les technologies développées dans les laboratoires comme Moltech-Anjou servent à l’innovation dans les entreprises. C’est aussi une question d’emplois. Il s’agit de l’avenir de notre pays. Nous avons pris du retard en Europe et en  France. Nous n’investissons pas assez dans la recherche et l’innovation. Il faut se ressaisir, c’est essentiel ».

Pour Antoine Goujon, de nombreux confrères chercheurs sont confrontés à des délais parfois très longs pour obtenir des financements qui sont accordés sur une durée relativement courte, poussant des chercheurs à quitter la France pour travailler à l’étranger. « Développer des thématiques de recherche ambitieuses sur le temps long est rendu extrêmement difficile, avec des financements toujours précaires. Pour autant, nous avons une grande liberté dans la recherche en France, mais il y a un manque d’ambition », regrette-t-il.

De son côté, le ministre a terminé son déplacement à Angers par une rencontre avec le personnel de l’Université Catholique de l’Ouest autour de la modernisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Par Sylvain Réault.

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