Placé en vigilance rouge, le Maine-et-Loire fait face à des crues parmi les plus marquantes depuis près de trente ans, poussant les collectivités à prendre de nouvelles mesures de sécurité.

La crue de la Maine se poursuit à Angers. – © Angers.Villactu.fr
Plus de vingt ans que le département n’avait pas été confronté à une telle montée des eaux. Ce mardi 17 février 2026, le Maine-et-Loire demeure placé en vigilance rouge par Météo-France en raison d’importantes cures.
Sous l’effet des fortes pluies des derniers jours, et de nouvelles précipitations attendues dans les prochaines 48 heures, les niveaux de la Loire et de ses affluents continuent de progresser. Les Basses vallées angevines, situées en amont d’Angers, concentrent les inquiétudes. Habitants, élus et services de secours suivent heure par heure l’évolution de la situation.
« Ne pas sous-estimer le phénomène »
Dans les communes des Basses vallées angevines, la vigilance est renforcée aux abords de la Loire, de l’Authion, du Louet et de la Maine. Aux Les Ponts-de-Cé, un ordre d’évacuation concernant 900 personnes reste en vigueur. Un centre d’hébergement a été ouvert salle Athlétis, avenue de l’Europe. Toutefois, nombre d’habitants privilégient un relogement chez des proches, s’appuyant sur un élan de solidarité locale perceptible depuis plusieurs jours.
« Beaucoup d’habitants se disent habitués aux crues. Il est vrai que nous en connaissons chaque année. Mais celle-ci s’annonce exceptionnelle, avec des niveaux jamais atteints depuis 25 ans. Il faut être raisonnable et suivre les préconisations », insiste Christophe Béchu, maire d’Angers.
Même tonalité du côté de Loire-Authion, où le maire Jean-Charles Prono appelle à la prudence, notamment face au phénomène de « tourisme de crues » : « Se balader pendant les inondations ne pose pas de problème, mais il ne faut pas franchir les aménagements. Ils ne sont pas là pour rien. C’est du bon sens », souligne-t-il.
Le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, appelle quant à lui à « ne pas sous-estimer le phénomène ». « On ne sait pas quand cela va s’arrêter, il faut donc anticiper », souligne-t-il, évoquant un épisode d’une ampleur inédite depuis trois décennies.
Angers sous haute surveillance
À Angers, la municipalité a engagé plusieurs mesures préventives. Deux gymnases, Jean-Rousseau et André-Bertin, « sont en cours d’aménagement pour accueillir d’éventuels sinistrés et ce, dès demain, précise Christophe Béchu. La réserve communale de sécurité civile est également mobilisée ».
Les voies sur berges restent fermées depuis lundi soir. La mise en eau volontaire des trémies, destinée à réduire la pression sur la digue en inondant certains axes, devrait intervenir ce mercredi 18 février, date à laquelle la hauteur de la Maine devrait atteindre les 6 mètres.
Plusieurs rues et parkings sont également interdits à la circulation et au stationnement. La place La Rochefoucauld, le quai des Carmes et la cale de la Savatte pourraient être inondés à partir de demain. C’est pourquoi il est « fortement recommandé » de ne pas s’y stationner.
Le trafic ferroviaire s’annonce quant à lui très dégradé à partir de la soirée de ce mardi 17 février et pour les journées des mercredi 18 et jeudi 19 février. Selon SNCF Réseau, « seulement un train sur quatre environ (tous trains confondus) pourra circuler sur Nantes-Angers et Angers-Cholet. À partir de vendredi matin et jusqu’à nouvel ordre, il faudra compter trois trains sur quatre pourront (tous trains confondus) sur l’axe Nantes-Angers. Puis à partir de vendredi après-midi et jusqu’à nouvel ordre, nous prévoyons trois trains sur quatre (tous trains confondus) entre Angers et Cholet ».
« Selon les dernières prévisions de Vigicrues, la Maine atteindrait une hauteur plateau de 6,07 mètres, en prévision centrale jeudi à la mi-journée », tente de rassurer Christophe Béchu.
Par Eline Vion.
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