En grève depuis le 2 avril dernier, les salariés du Village Saint-Exupéry, à Avrillé, poursuivent la mobilisation et dénoncent un manque de moyens, ainsi que des conditions de travail dégradées.

Une soixantaine de manifestants étaient réunis devant l’hôtel du Département de Maine-et-Loire. – © Angers.Villactu.fr
Le mouvement social engagé au Village Saint-Exupéry, à Avrillé, se poursuit. Depuis le 2 avril dernier, les salariés de ce foyer de la protection de l’enfance se mobilisent pour dénoncer une dégradation de leurs conditions de travail et un manque de moyens jugé préoccupant pour l’accompagnement des jeunes accueillis.
Un nouveau rassemblement était organisé ce jeudi 9 avril, entre 12 h et 14 h 30, devant le siège du conseil départemental à Angers, à l’appel de l’intersyndicale SUD Santé Sociaux et Force Ouvrière. Au total, près d’une soixantaine de manifestants étaient présents. Après une première mobilisation devant l’établissement, les représentants du personnel entendaient cette fois interpeller directement le Département de Maine-et-Loire.
Un mouvement né des difficultés accumulées
À l’origine du mouvement, on retrouve les tensions rencontrées au sein du dispositif dédié aux adolescents. Mis en place ces dernières années, ce service concentre, selon les salariés, des problématiques multiples : surcharge de travail, situations d’accueil complexes, exposition à des épisodes de violence et insuffisance du suivi médical. « Le dispositif s’est ouvert sans les moyens nécessaires, que ce soit sur le plan éducatif ou médical. On ne peut plus continuer comme ça », affirme Dominique Radin, délégué syndical SUD.
Les représentants du personnel évoquent également plusieurs alertes restées sans réponse suffisante, notamment des droits d’alerte et des signalements liés à la sécurité des professionnels : « Des médecins généralistes ont eux-mêmes alerté sur une dégradation de la prise en charge sanitaire des jeunes », poursuit le délégué syndical.
« Ce qu’on veut, c’est être vus au niveau du département, alerter et faire grandir le mouvement », explique de son côté Samuel Layer, représentant FO. Selon les syndicats, la mobilisation dépasse désormais le seul cadre de l’établissement. « Des professionnels issus d’autres structures sociales, médico-sociales et sanitaires du territoire ont apporté leur soutien à notre mouvement car ils ont des difficultés similaires dans leurs secteurs respectifs », ajoute Dominique Radin.

Des banderoles appellent à plus de moyens pour le foyer. – © Angers.Villactu.fr
Des avancées jugées insuffisantes, des négociations en cours
Face à ces constats, les organisations syndicales formulent plusieurs revendications, parmi lesquelles la création de postes supplémentaires dans les unités accueillant des adolescents et un renforcement significatif du temps infirmier.
À ce stade, certaines avancées ont été annoncées à l’issue d’un échange avec des représentants du Département, le 2 avril dernier. Une augmentation de 0,5 équivalent temps plein infirmier est prévue, accompagnée d’un budget supplémentaire, ainsi que le recrutement d’un animateur technique, déjà inscrit dans le budget 2026. Les modalités précises de répartition de ces moyens restent toutefois à définir.
Pour les syndicats, ces mesures demeurent insuffisantes au regard des besoins identifiés. « On ne peut pas dire que rien ne se passe, mais on est encore loin du compte, estime Dominique Radin. C’est pourquoi il est nécessaire de poursuivre la mobilisation pour obtenir des moyens supplémentaires ».
La suite du mouvement dépendra, quant à elle, des négociations en cours avec le Département : « Nous ferons un compte rendu au personnel, et ce sont eux qui décideront de la suite », indique Samuel Layer.
Par Eline Vion.
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