Aux urgences du CHU d’Angers, les grévistes interpellent le maire et appellent à manifester
Santé

Aux urgences du CHU d’Angers, les grévistes interpellent le maire et appellent à manifester

En grève depuis plusieurs semaines, les soignants des urgences du CHU d’Angers ont adressé une lettre ouverte à Christophe Béchu et appellent à une mobilisation samedi 14 février devant la mairie.

La grève aux services des urgences continue – © Archives – FO

En grève depuis le 19 janvier 2026, les agents des urgences adultes du CHU d’Angers poursuivent leur mobilisation pour dénoncer un manque de moyens structurel. Infirmiers, aides-soignants et personnels administratifs réclament la création de lits pérennes et l’ouverture d’un poste d’aide-soignant 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.

Faute de réponse de la direction, les syndicats Force Ouvrière et Sud Santé Sociaux appellent la population à se rassembler samedi 14 février, à 10 h 30, devant la mairie d’Angers.

Une lettre ouverte à Christophe Béchu

L’annonce de cette nouvelle mobilisation s’inscrit dans la continuité d’une lettre ouverte adressée le 6 février dernier à Christophe Béchu, maire d’Angers et président du conseil de surveillance du CHU.

Signé par 107 agents du service, le courrier alerte sur des conditions d’accueil et de prise en charge jugées indignes pour les patients comme pour les soignants. « Notre service d’urgence reçoit tous les ans l’équivalent de 15 % de la population d’Angers Loire Métropole. Le dimensionnement de notre service ne permet pas un accueil décent et convenable », écrivent les grévistes.

« Des patients attendent parfois plus de dix jours dans nos couloirs. Toutes les nuits, certains dorment dans un couloir de passage, sans chauffage, dans des conditions indignes que nous n’acceptons pas, dénoncent-ils. Quelles que soient les causes, épidémiques ou non, la situation tout au long de l’année est la conséquence du manque cruel de lits d’aval et d’effectifs qui ne permettent plus aujourd’hui de garantir la dignité et la sécurité des patients. »

Au cœur du conflit figure notamment la fermeture annoncée, le 3 février, de l’Unité de tensions hospitalières, composée de dix lits, rouverte quelques jours plus tôt pour faire face à un afflux de patients. La direction du CHU estime que l’activité est « revenue à un niveau habituel », ce qui ne justifierait pas le maintien de cette unité. Une analyse contestée par les grévistes, qui voient dans cette décision un refus de répondre à leurs revendications, pourtant qualifiées de « justes et réalistes ».

Mais les discussions sont aujourd’hui dans l’impasse, aucune de leurs deux demandes principales n’a reçu de réponse favorable selon les syndicats. Les agents assurent poursuivre la grève « pour la sécurité et la dignité des patients », et parce que « les conditions ne sont plus réunies pour nous permettre d’exercer notre métier ».

Dans leur courrier, les soignants sollicitent une rencontre rapide avec le maire d’Angers, en sa qualité de président du conseil de surveillance du CHU : « En tant que maire, vous êtes le garant de la qualité de l’accueil de l’ensemble de la population angevine », soulignent-ils, appelant à être « enfin entendus ».

En attendant une éventuelle réponse, les grévistes entendent maintenir la pression et élargir leur mobilisation. L’appel lancé pour le 14 février s’adresse « à la population, aux soignants et à tous ceux qui veulent défendre l’hôpital et l’accès aux soins ».

 

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