Après une première année d’expérimentation en 2024, l’entreprise Moulinot, spécialisée dans la gestion des biodéchets, a collecté et traité l’an dernier 5 000 tonnes de biodéchets. Elle entend passer à 15 000 tonnes dans les trois ans à venir.

Moulinot a traité 5 000 tonnes de biodéchets en 2025 – © Aldev
À partir de la fin d’année 2023, des abri-bacs permettant de collecter des biodéchets ont fait progressivement leur apparition dans les rues d’Angers. En effet, depuis l’entrée en vigueur de la généralisation du tri à la source au 1er janvier 2024, issue de la loi AGEC, les collectivités ont l’obligation de proposer des solutions pour la gestion des biodéchets.
Concrètement, les villes doivent mettre à disposition des habitants des dispositifs adaptés, comme des points d’apport volontaire ou des solutions de compostage, afin de réduire l’enfouissement et favoriser la valorisation organique.
Dans l’agglomération angevine, c’est l’entreprise Moulinot, créée en 2013, qui a été choisie pour cette mission. Après avoir débuté par des collectes auprès de professionnels en 2023, l’entreprise a profité de l’année 2024 pour expérimenter son savoir-faire dans deux quartiers de la ville d’Angers, tout en installant son usine de prétraitement à Saint-Barthélemy-d’Anjou, sur le site de Biopole.
15 000 tonnes de biodéchets par an
Depuis le 1er janvier 2025, elle a officiellement la charge de la collecte et du lavage des 300 abri-bacs dédiés à l’apport volontaire de biodéchets au sein de l’agglomération.
En 2025, dans son usine de Saint-Barthélémy-d’Anjou, Moulinot, qui emploie une vingtaine de personnes sur site, a traité 5 000 tonnes de biodéchets, issus de collectes auprès des points d’apport volontaire et des professionnels, tels que des restaurants, cuisines centrales ou de l’industrie agroalimentaire. « Nous devrons atteindre les 7 500 tonnes d’ici la fin de cette année, puis les 15 000 tonnes dans les trois ans », indique Edouard Van Heeswyck, directeur régional de Moulinot.

Edouard Van Heeswyck, directeur régional de Moulinot, entouré de Mathias Portier, responsable du site angevin (à gauche) et Guillaume Jarry, responsable adjoint (à droite) – © Angers.Villactu.fr
500 abri-bacs d’ici 2027
Sur le territoire d’Angers Loire Métropole, seule une partie de la ville d’Angers est pour le moment équipée d’abri-bacs permettant aux habitants d’y déposer leurs biodéchets. « Le déploiement va se poursuivre, avec un objectif de 350 à la fin de l’année. En 2027, 500 abri-bacs devraient être déployés sur l’ensemble du territoire », ajoute Edouard Van Heeswyck.
Le déploiement s’accompagne d’un travail de sensibilisation auprès des habitants. Des équipes d’animateurs interviennent en porte-à-porte, au pied des immeubles et lors de permanences sur les marchés.

500 abri-bacs devraient être installés sur l’agglomération d’ici 2027 – © Angers.Villactu.fr
Sur l’année 2025, Moulinot a collecté près de 450 tonnes de déchets alimentaires dans les abri-bacs. Ces collectes, qui ont lieu deux fois par semaine, sont réalisées par des camions alimentés au bioGNV et équipés d’un système de lavage embarqué. Les abri-bacs sont quant à eux lavés deux fois par mois.
Une fois collectés, les déchets sont amenés à l’usine de Saint-Barthélémy-d’Anjou où un tri est opéré pour écarter les déchets indésirables. Place ensuite à l’étape dite d’hygiénisation où les déchets sont chauffés à 70 °C pendant une heure pour supprimer les éventuelles bactéries pathogènes. Ils sont ensuite transformés en soupe organique, laquelle est envoyée vers des méthaniseurs agricoles situés dans le Maine-et-Loire. Ces derniers en font du gaz vert qui est injecté dans le réseau de ville et un fertilisant naturel pour nourrir leurs terres.
Par Sylvain Réault
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