Le conseil municipal d’Angers a validé quatre dimanches d’ouverture des commerces en 2026. Une décision qui ne remet pas en cause la position prudente de la CFDT de Maine-et-Loire.

Éléonore Crosnier, secrétaire territoriale CFDT de Maine-et-Loire et Sébastien Hervé, secrétaire général du syndicat CFDT des services. – © Angers.Villactu.fr
Le conseil municipal d’Angers a arrêté, le 15 décembre 2025, la liste des dimanches durant lesquels les commerces pourront ouvrir en 2026. Comme l’année précédente, quatre dimanches ont été autorisés. Une décision qui ne convainc pas le syndicat CFDT de Maine-et-Loire, lequel exprime à nouveau ses réserves sur l’intérêt économique et social du travail dominical.
Limiter le travail les dimanches
Les élus angevins ont validé l’ouverture des commerces les dimanches 11 janvier, 29 novembre, 13 décembre et 20 décembre 2026. Une configuration désormais habituelle à Angers, qui associe un dimanche lors des soldes d’hiver et trois dates en fin d’année, autour du marché de Noël et des fêtes. Pour la CFDT, cette reconduction ne répond toutefois pas aux interrogations de fond posées depuis plusieurs années.
« Nous n’y sommes pas opposés », précisent Sébastien Hervé, secrétaire général du syndicat CFDT des services de Maine-et-Loire, et Éléonore Crosnier, secrétaire territoriale chargée du département. Le syndicat reconnaît l’intérêt de certaines ouvertures, notamment en décembre. « Deux dimanches travaillés pour le marché de Noël, par exemple, ça a du sens », souligne Éléonore Crosnier. En revanche, la CFDT plaide pour une limitation à trois dimanches par an et conteste l’ajout systématique du dimanche suivant le lancement des soldes d’hiver.
Selon les responsables syndicaux, cette date, fixée en 2026 au 11 janvier, « n’a que peu d’intérêt commercial ». Ils estiment que son efficacité économique n’a jamais été démontrée à l’échelle de la ville. Une analyse partagée, selon eux, par de nombreux commerçants indépendants du centre-ville. Il y a quatre ans, une enquête menée par la CFDT auprès de ces professionnels faisait ressortir que cette ouverture dominicale était davantage vécue « comme une contrainte que comme une opportunité ».
« Les gagnants sont les grandes surfaces »
Au cœur des critiques, la répartition des bénéfices liés au travail dominical : « Les gagnants, ce sont les grandes surfaces, dont le souci est de prendre des parts de marché », affirme Sébastien Hervé. À l’inverse, les commerçants indépendants se retrouveraient, selon le syndicat, dans une position défavorable. « S’ils n’ouvrent pas, ils perdent des parts de marché. S’ils ouvrent, c’est parfois à perte », résume-t-il. La CFDT estime ainsi que « cette fuite en avant ne sauvera pas le petit commerce du centre-ville d’Angers ».
Le syndicat regrette également que ces ouvertures ne soient pas réservées aux commerces de moins de 400 mètres carrés situés dans l’hyper-centre. « Ce n’est pas en offrant des dimanches d’ouverture aux grandes surfaces qu’on sauvera le commerce du centre-ville », insiste Éléonore Crosnier. Plus largement, la CFDT déplore l’absence d’une étude sur les retombées économiques et sur l’emploi liées au travail dominical, pourtant promise de longue date lors des discussions avec la municipalité.
Un débat politique
Sur le plan politique, la question pourrait toutefois évoluer. En juillet dernier, le maire d’Angers, Christophe Béchu, s’est engagé à lancer, lors de la prochaine mandature s’il est réélu, une négociation territoriale à l’échelle de l’agglomération afin d’encadrer le travail du dimanche. Un engagement que la CFDT accueille favorablement. « Nous avons les moyens de travailler ensemble et de construire quelque chose qui va à tout le monde », estime Sébastien Hervé, évoquant la possibilité d’un accord associant élus, représentants syndicaux et organisations patronales, à l’image de ce qui existe déjà dans d’autres territoires.
En attendant, le syndicat maintient sa ligne. Sans remise en cause de principe du travail dominical, il appelle à « un encadrement plus strict », fondé sur « des données économiques objectivées » et sur « la préservation de l’équilibre entre attractivité commerciale, conditions de travail des salariés et survie du commerce indépendant ». Un débat qui devrait reprendre de l’ampleur à l’approche des élections municipales.
Par Eline Vion.
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