Depuis six ans, Terra Botanica expérimente un jardin sans eau
Environnement

Depuis six ans, Terra Botanica expérimente un jardin sans eau

En 2020, les visiteurs du parc Terra Botanica ont pu découvrir un jardin au sein duquel 120 espèces de plantes n’avaient pas besoin d’arrosage. Six ans après, malgré les canicules à répétition, l’expérimentation est une réussite.

Le jardin sans eau de Terra Botanica est accessible depuis 2020 – © Angers.Villactu.fr

Imaginé en 2019 et ouvert au public depuis le printemps 2020, le jardin sans eau de Terra Botanica attire de plus en plus particuliers, professionnels et collectivités, confrontés aux défis du réchauffement climatique.

« Au début, c’était un jardin d’expérimentation, car en tant que parc dédié au végétal, avec le réchauffement climatique, nous savions que nous allions devoir repenser notre manière de réaliser nos espaces et d’entretenir le parc », explique Florian Niatel, responsable du service animations à Terra Botanica.

Aucune intervention humaine en matière d’arrosage

Ce lieu de 700 m² a été entièrement imaginé pour ne nécessiter aucune intervention humaine en matière d’arrosage. « Il y a eu un temps de recherches et de consultations d’experts. Il a été nécessaire d’arroser le jardin pendant une année pour qu’il soit ensuite entièrement autonome », rappelle Florian Niatel.

Depuis 2020, plus aucun arrosage n’a eu lieu dans ce jardin, où toutes les plantes ont survécu, malgré des étés de plus en plus chauds.

« Il y a trois éléments qui sont nécessaires pour concevoir un jardin sans eau : le sol doit être drainé afin que l’eau puisse facilement y pénétrer, les plantes doivent disposer d’un système racinaire qui plonge en profondeur pour aller chercher l’humidité et il faut ajouter un paillage adapté, comme le minéral que nous avons choisi ici », ajoute-t-il.

Sur 700 m², 120 espèces sont présentes – © Angers.Villactu.fr

120 espèces de plantes soigneusement sélectionnées

Les 120 espèces de plantes sélectionnées sont pour la plupart originaires du bassin méditerranéen et naturellement adaptées à ces conditions climatiques. Les visiteurs peuvent y découvrir l’arbousier, la lavande, le romarin, le chêne vert, l’érable de Montpellier, mais également le Lippia nodiflora, une vivace pouvant remplacer le gazon dans un jardin sans trop d’arrosage.

« Chaque plante a sa propre stratégie. Certaines, comme la lavande, ont des feuilles grises et duveteuses qui réfléchissent le soleil et retiennent une fine couche d’air humide, un peu comme une protection naturelle. D’autres, comme le romarin, ont des feuilles coriaces recouvertes d’une sorte de vernis qui limite l’évaporation. En cas de sécheresse extrême, le romarin va même resserrer ses feuilles sur elles-mêmes pour réduire son exposition au soleil. On trouve aussi des plantes à toutes petites feuilles, voire des épines, pour réduire au maximum la surface d’évaporation. Et puis il y a les plantes à feuilles charnues, comme le sedum ou les joubarbes. Elles fonctionnent différemment en stockant l’eau directement dans leurs tissus, comme de petites réserves internes, et puisent dedans pendant les périodes sèches », développe le responsable du service animations.

La lavande dispose de feuilles grises et duveteuses qui réfléchissent le soleil – © Angers.Villactu.fr

Des visites commentées

L’été 2026, exceptionnel sur le plan climatique, marqué par une succession de canicules et une absence de pluie, met à rude épreuve les végétaux présents dans ce jardin. Les 17 jardiniers du parc surveillent de près la situation. « Si nous avons encore de longues semaines sans eau, nous ne nous interdisons pas d’intervenir si cela s’avère vraiment nécessaire », indique Florian Niatel.

Florian Niatel est responsable du service animations à Terra Botanica – © Angers.Villactu.fr

Tout au long de l’année, le jardin sans eau est visité par des scolaires. Au mois d’août, le parc dédié au végétal organise des visites commentées d’une vingtaine de minutes, chaque après-midi à 15h, en présence d’un médiateur du parc.

Le Lippia nodiflora pourrait être le gazon de demain – © Angers.Villactu.fr

Par Sylvain Réault.

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