Le bailleur social Podeliha vient de lancer la construction de 61 logements sur le site d’une ancienne cité d’urgence, dans le quartier de la Roseraie, à Angers. Les trois bâtiments ont été pensés pour s’adapter au changement climatique.

La pose de la première pierre a eu lieu la semaine dernière – © Angers.Villactu.fr
En 2023, Podeliha a lancé un appel à projets afin de remplacer une ancienne cité d’urgence composée de douze maisons. L’agence d’architecture Johanne San a été retenue pour redessiner cet îlot de près de 4 000 m² situé rue Guynemer, dans le quartier de la Roseraie. « L’objectif était de densifier en remplaçant des maisons devenues obsolètes. Elles devaient être construites pour une dizaine d’annéee, finalement elles seront restées 40 ans », indique Pierre Grange, directeur du développement et du patrimoine de Podeliha.
Une toiture végétalisée
Le programme, composé de trois bâtiments, proposera 48 logements locatifs sociaux et 13 logements en accession sociale à la propriété. Parmi ces trois immeubles, le toit de l’un d’entre eux sera occupé par un « ornitho-buisson ». Il s’agira d’arbustes et de buissons qui auront pour objectif de créer un îlot de fraîcheur et de biodiversité.
Les résidences seront construites autour d’un espace piéton végétalisé, favorisant la fraîcheur pendant les périodes de canicule. Le réseau d’eaux pluviales sera déconnecté afin de permettre à l’eau de pluie de s’infiltrer directement sur la parcelle, notamment au sein d’un bassin situé au cœur de l’îlot.

Le programme fera la part belle à la végétation – © Johanne San
Une architecture bioclimatique
Les trois immeubles seront construits selon une architecture bioclimatique mêlant béton pour la structure, bois pour les façades et isolant biosourcé. Pour faciliter la ventilation, les logements seront traversants et équipés d’un espace extérieur, protégé des rayons du soleil.

Les travaux seront terminés en 2028 – © Angers.Villactu.fr
« Il faut faire davantage que ce que nous avons fait jusque-là »
Deux des trois bâtiments seront équipés de 100 panneaux photovoltaïques pour alimenter les parties communes. « Nous devons être lucides sur le changement de modèle que nous devons opérer face au dérèglement climatique. Ce projet va tester différentes solutions dont les retours d’expériences seront intéressants pour l’avenir. Historiquement, nous avons surtout travaillé à diminuer la consommation d’énergie. Ensuite, nous avons pris en compte le confort d’été, mais on s’aperçoit aujourd’hui que la réglementation est beaucoup trop laxiste. Les canicules que nous vivons n’ont pas été modélisées aussi tôt. La surprise réside dans la rapidité, pas dans le fait que cela allait arriver. Il faut faire davantage que ce que nous avons fait jusque-là. La question de l’inertie thermique est un sujet très complexe. L’avantage de l’ossature bois, c’est que la chaleur se dissipe plus vite », avance Johanne Guichard Floc’h, dirigeante de l’agence Johanne San.
Le coût de ce projet, baptisé « Les Terrasses Guynemer », s’élève à 7,3 millions d’euros, financé par des prêts de la Caisse des dépôts et d’Action Logement, des subventions de l’État et d’Angers Loire Métropole, mais également de fonds propres de Podeliha.
Sur les 13 logements en accession sociale à la propriété, sept sont encore à vendre. Il s’agit de T2, T3 et T4, à des prix allant de 157 000 à 260 000 euros La livraison de ce nouveau programme immobilier est prévue en 2028.
Par Sylvain Réault.
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