Créée en 2023, la Pause Angevine accueille, les week-ends et pendant les vacances scolaires, des enfants bénéficiant d’une aide éducative à domicile (AED), une mesure de prévention mise en œuvre avec l’accord des parents afin d’apporter un soutien matériel et éducatif aux familles.

La Pause Angevine permet l’accueil et l’hébergement de six enfants, âgés entre 10 à 14 ans, tous les week-end et vacances scolaires. – © DR
Dans le quartier de la Doutre, à Angers, une grande maison accueille régulièrement jusqu’à six jeunes âgés de 10 à 14 ans pour quelques jours loin de leur quotidien. Baptisée la Pause Angevine, la structure propose des séjours les week-ends et pendant les vacances scolaires à des enfants bénéficiant d’une aide éducative à domicile (AED).
Mise en œuvre avec l’accord des parents, et parfois à leur demande, cette mesure administrative de protection de l’enfance vise à apporter un soutien éducatif et matériel aux familles dans une démarche de prévention. Les enfants sont orientés vers la Pause Angevine par les éducateurs des Maisons départementales des solidarités (MDS), en fonction des besoins identifiés.
« L’objectif est vraiment d’apporter un temps de répit, du loisir et du jeu aux enfants, tout en proposant un accompagnement à la hauteur de ce que l’on peut faire sur un week-end ou quelques jours, explique Manon Brosset, coordinatrice de la Pause Angevine. Nous sommes un appui pour les éducateurs qui peuvent faire appel à nous lorsqu’ils estiment qu’un séjour peut répondre à certains objectifs définis dans le projet de l’enfant, qu’il s’agisse de découvrir la vie en groupe, de vivre une première nuit hors du domicile dans un cadre rassurant ou encore d’offrir un temps de répit à l’enfant comme à sa famille. »
La Pause Angevine est portée par le Comité français de secours aux enfants (CFSE), membre de l’Union pour l’Enfance. Cette dernière rassemble plusieurs associations engagées dans l’accompagnement des enfants et des familles et dispose de différents dispositifs d’accueil et d’accompagnement dans cinq régions et sept départements.

Manon Brosset est coordinatrice de la Pause Angevine. – © Angers.Villactu.fr
Des séjours en petits groupes
Les groupes sont principalement constitués selon le secteur géographique des jeunes afin de faciliter les trajets, les équipes allant directement les chercher à leur domicile dans tout le département.
Le fonctionnement se rapproche de celui d’une petite colonie de vacances. Les enfants participent à la vie quotidienne, préparent certains repas, prennent part aux tâches collectives et découvrent différentes activités : loisirs créatifs, cuisine, jeux de plein air ou de société, sorties culturelles ou sportives, baignades, visites ou encore médiation animale grâce à des partenariats.
« Nous essayons vraiment d’adapter les activités au profil du groupe et aux besoins des enfants, souligne Manon Brosset. L’idée est qu’ils puissent vivre de nouvelles expériences dans un cadre rassurant. »

L’objectif de la Pause Angevine est d’offrir un temps de répit aux enfants et aux familles. – © Angers.Villactu.fr
Les enfants accueillis reviennent généralement à plusieurs reprises au cours de leur suivi. « Les jeunes viennent en moyenne une fois tous les deux mois », explique la coordinatrice.
L’encadrement est assuré par trois animateurs pour six enfants. Issus du secteur de l’animation, les encadrants travaillent en lien étroit avec les éducateurs référents afin d’adapter leur accompagnement. À l’issue de chaque séjour, ils leur transmettent également des observations utiles au suivi des enfants.

Les enfants dorment sur place durant leurs séjours. – © Angers.Villactu.fr
Un lieu pensé comme « une maison familiale »
La Pause Angevine dispose de chambres, d’espaces communs et d’un jardin : « Nous faisons en sorte que cela ressemble le plus possible à une maison familiale, avec un côté chaleureux et rassurant », indique Manon Brosset.
Selon elle, les évolutions observées chez les enfants accueillis concernent souvent les gestes du quotidien : autonomie, vie en groupe, alimentation, hygiène ou confiance en soi. Des changements qui restent difficiles à attribuer uniquement aux séjours, les jeunes bénéficiant par ailleurs d’autres formes d’accompagnement.
« On voit parfois des petites évolutions dans les habitudes ou les relations aux autres. Ce sont souvent ces petites réussites que l’on cherche à valoriser », explique Manon Brosset.

Les repas sont partagés avec les encadrants et les enfants. – © Angers.Villactu.fr
Un fonctionnement financé par le Département et les familles
Le financement de la Pause Angevine repose sur une participation des familles : « Les parents contribuent à hauteur de leurs revenus, le reste étant financé par le Département », explique Manon Brosset.
Pour mener à bien certains projets, la structure fait également appel au mécénat. C’est notamment grâce au soutien d’Angers Mécénat que sa cuisine a récemment pu être entièrement rénovée. « On n’aurait pas pu faire ces travaux sans eux », souligne la coordinatrice.
La Pause Angevine cherche par ailleurs à renforcer son équipe. Plusieurs animateurs arrivant au terme de leurs études, la structure prévoit de recruter de nouveaux intervenants dans les prochains mois afin d’assurer les futurs séjours.
Par Eline Vion.
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