Sous les routes du Maine-et-Loire, onze kilomètres de galeries souterraines font l’objet d’une étroite surveillance
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Sous les routes du Maine-et-Loire, onze kilomètres de galeries souterraines font l’objet d’une étroite surveillance

Sous 45 routes départementales du Maine-et-Loire s’étendent onze kilomètres de cavités souterraines, vestiges d’anciennes carrières de tuffeau. Pour prévenir tout risque d’effondrement, 170 d’entre elles font l’objet d’un suivi régulier par les agents du Département et les géologues de Cavités 37.

Fanny Bourgeois, ingénieure géologue chez Cavités 37, inspectant une cavité à Jarzé-Villages. – © Angers.Villactu.fr

À quelques mètres sous la RD 59, à Jarzé-Villages, un réseau de galeries creusées il y a plusieurs siècles serpente sous la chaussée. Invisibles pour les automobilistes, ces anciennes carrières de tuffeau font aujourd’hui l’objet d’une surveillance régulière afin de garantir la sécurité du réseau routier départemental.

Au total, le Maine-et-Loire compte près de 400 cavités situées sous ses routes, dont 170 nécessitent un suivi spécifique. C’est pourquoi, chaque année, une soixantaine sont inspectées par les agents du Département, accompagnés des géologues de Cavités 37, un syndicat spécialisé d’Indre-et-Loire.

Une surveillance adaptée au niveau de risque

Lors de ces visites, les équipes progressent dans les galeries équipées de casques, de lampes frontales et de matériel de mesure. Leur objectif est d’identifier toute évolution susceptible d’affecter la stabilité des lieux.

« Lorsque l’on a des relevés de fractures existants, le but de ces nouvelles visites est de comparer pour voir s’il y en a de nouvelles, explique Fanny Bourgeois, ingénieure géologue chez Cavités 37. On regarde notamment un fissuromètre et une réglette graduée pour apprécier l’ouverture d’une fracture au dixième de millimètre près. »

Les blocs tombés au sol sont également repérés à l’aide d’une couleur différente : « On met un coup de bombe de peinture de différentes couleurs, ce qui nous permet selon les années de voir les pierres qui sont tombées. Cette année, ça n’a pas beaucoup bougé », indique Ivan Jublot, surveillant des cavités souterraines pour le Département.

La fréquence des inspections varie selon l’état des galeries : « Nous faisons ces contrôles une à deux fois par an ou une fois tous les cinq ans selon si la cavité est abîmée ou non », poursuit-il.

À Jarzé-Villages, l’épaisseur de roche entre la galerie et la chaussée atteint environ deux mètres. Pour Christophe Devoille, directeur adjoint des routes au Département, ce niveau reste compatible avec la circulation d’engins légers, mais la vigilance demeure. « On s’alarme quand l’épaisseur de pierre n’est plus que d’un mètre », souligne-t-il.

Des fissuromètres sont installés pour étudier l’évolution des fissures des cavités. – © Angers.Villactu.fr

D’anciennes carrières qui continuent d’évoluer

Ces cavités sont les vestiges de l’extraction du tuffeau, pierre largement utilisée dans la construction en Anjou. Certaines ont ensuite servi de champignonnières, de caves viticoles ou encore de lieux de stockage.

« Les carrières peuvent faire plusieurs hectares, parfois sur plusieurs niveaux, donc il faut savoir où l’on met les pieds », explique Fanny Bourgeois.

Avec le temps, ces ouvrages continuent naturellement de se dégrader, les conditions météorologiques influençant notamment leur évolution.

« Cela dépend de la géologie et de la méthode de creusement, mais les risques d’éboulement sont généralement plus importants en hiver, avec la pluie qui alourdit la roche et diminue sa résistance mécanique », précise la géologue.

En trois décennies, le Département est intervenu sur plus de 140 cavités afin de les combler totalement ou partiellement. Sur la même période, près de 200 effondrements ou affaissements ont été constatés sur le réseau routier départemental.

Le suivi de ces ouvrages représente un budget moyen d’environ 50 000 euros par an, principalement consacré aux opérations de surveillance. Certaines cavités ne peuvent toutefois pas être comblées systématiquement, notamment parce qu’elles constituent des habitats protégés pour les chauves-souris.

🪨 🔦 Sous certaines routes du Maine-et-Loire se cachent près de 11 kilomètres de galeries et cavités, méconnues du grand public. Régulièrement inspectées par des équipes spécialisées, elles font l’objet d’un suivi pour garantir la sécurité des usagers.

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— Angers Villactu (@angersvillactu.bsky.social) 16 juillet 2026 à 17:39

Par Eline Vion.

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