Politique

Philippe Bodard dénonce « l’inertie de l’agglo »

Dans une interview accordée au courrier de l’ouest, le maire de Mûrs-Erigné dénonce l’inertie de l’agglomération et de nombreuses dépenses inutiles. Philippe Bodard revient également sur ses relations avec Jean-Claude Antonini et Frédéric Béatse.

Poil à gratter et trublion de la vie politique angevine, le maire de Mûrs-Erigné, Philippe Bodard, a accordé un entretien au courrier de l’ouest qui devrait prochainement faire réagir les personnalités politiques locales.

Philippe Bodard pointe du doigt l’inertie de l’agglo : « On a une force de frappe importante mais les mèches sont mouillées. La centralisation des pouvoirs fait qu’on est moins nombreux à réfléchir et à décider (…). On croit qu’il suffit de parler de cluster de l’électronique pour qu’on devienne une métropole qui compte en France, dans le monde, et pourquoi pas dans l’univers. Alors qu’il y a 10 licenciements par jour dans l’agglo ».

« Le PLU est à l’ouvrage depuis 2005. Le PLU ne verra sans pas le jour avant 2014. Mais en 2014, il y aura de nouveaux maires qui voudront regarder cela de plus près. Ce ne sera donc pas avant 2015 et, s’il n’est pas attaqué, il ne sera pas exécutoire avant 2016. Le temps de monter les projets, il n’y aura pas d’évolution avant 2019. Aujourd’hui j’ai une entreprise de production avec 60 emplois qui me dit que si elle ne peut pas s’étendre dans les trois ans, elle déménagera. Il va donc falloir se battre. Parce qu’il n’y a pas que Gare + dans la vie ».

Le maire de Mûrs-Erigné dénonce également des dépenses inutiles.

« Pour les Rives Nouvelles, on a monté une société publique d’aménagement en prenant 1 000 actions à 100 euros alors qu’on avait d’autres sociétés publiques qui auraient pu remplir cette mission. On y a mis un directeur général devenu administrateur hors classe avec un revenue de 8000 euros par mois. Sauf que cet administrateur a surtout le mérite d’avoir été directeur de cabinet du maire d’Angers ».

« Sur le dossier de la télé locale, c’est pareil. On va créer une société d’économie mixte en y mettant 114 000 euros et en prévoyant 200 00 euros de subvention d’équilibre par an. Ce projet est fait sans concertation, sans réflexion ».

Sur ses relations avec le président de l’agglomération, Philippe Bodard avoue avoir « une certaine sympathie pour Jean-Claude Antonini, l’homme, mais un profond désaccord avec JCA, le président de l’agglo ».

« Il est dans l’autocratie », affirme t-il.

Avec le maire d’Angers, Philippe Bodard avoue n’avoir aucun contact.

« Moi si j’avais été élu maire d’Angers, j’aurais fait le tour des maires de l’agglo. Mais il me semble que Christophe Béchu s’en plaignait aussi. Mais Frédéric Béatse est peut-être timide…».

Sur l’avenir, l’élu précise qu’il souhaite se concentrer sur sa commune. Il pourrait soutenir Jean-Luc Rotureau pour les élections municipales de 2014.

« C’est un démocrate. Il sait écouter. Il a une expérience militante importante, il a été dans le monde sportif et il n’a pas passé sa vie à ne faire que de la politique. Ce que je réclame, c’est la fin du mépris ».