Commerce : Vers un retour dans le centre-ville ?
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Commerce : Vers un retour dans le centre-ville ?

Gel des terrains autour de l’Atoll, extension de la zone du Moulin-Marcille refusée, la ville d’Angers va-t-elle revoir son centre-ville revenir sur le devant de la scène face à la concurrence de la périphérie ? Dans le même temps, le gouvernement a indiqué vouloir débloquer 5 milliards d’euros sur un plan de 5 ans, pour revitaliser les centres-villes.

vacance commerciale Angers

Local vide rue Saint-Julien à Angers – Angers.Villactu.fr

La semaine dernière, les élus de l’agglomération ont décidé un moratoire qui entraîne le gel des 53 hectares qui entourent l’Atoll. Ces terrains intéressaient des promoteurs pour développer une zone commerciale autour du retail park angevin. Pour le maire d’Angers et président d’Angers Loire Métropole, cette décision s’explique par le souhait de préserver le commerce de centre-ville qui doit également faire face à la concurrence toujours plus forte des ventes par internet.

Dans le même temps, au sud de l’agglomération, dans la zone du Moulin-Marcille, la Commission nationale d’équipement commercial (CNAC) a refusé l’extension de cette zone commerciale qui devait voir s’installer des enseignes comme Cultura ou Intersport. Pour justifier sa décision, la CNAC a estimé que « la création d’un nouveau pôle commercial périphérique dans l’agglomération angevine est de nature à détourner les consommateurs des commerces traditionnels des centres-villes des Ponts-de-Cé et d’Angers sans pour autant proposer une offre commerciale nouvelle ou complémentaire ».

Dans un récent article, le journal Le Monde a publié des chiffres provenant de la Fédération pour l’urbanisme et le commerce spécialisé Procos.

« Le taux de vacance commerciale, c’est-à-dire la part des magasins qui sont sans activité, vient d’atteindre un niveau inégalé de 11,7 %. En 2012, la proportion n’était que de 7,2 % », écrit le quotidien.

« Les explications sont nombreuses et anciennes. D’abord, la politique d’encouragement à l’accession à la propriété individuelle dès la fin des années 1960. Le « rêve pavillonnaire » a incité les habitants à quitter les centres-villes pour les espaces périurbains, où les terrains à construire sont plus nombreux et plus accessibles. Ensuite, il y a eu la multiplication des grandes surfaces en périphérie, facilitée par l’usage de l’automobile et le laxisme des commissions départementales d’équipement commercial. »

Après une prise de conscience tardive, les élus locaux et le gouvernement ont décidé de s’attaquer à ce fléaux avant que les centres-villes ne se vident encore plus.

A Angers, afin de faire revenir les clients en centre-ville, la municipalité a mis en place la première heure de gratuité des parkings pour lutter contre les centres commerciaux et leurs immenses parkings gratuits. Malgré cette évolution, le centre-ville d’Angers a vu son taux de vacance augmenter. Il se situait en 2016 entre 7,5 et 10 % selon les données de la Fédération pour l’urbanisme et le commerce spécialisé. Les villes voisines comme Tours, Rennes et Nantes se situent en-dessous, avec un taux entre 5 et 7,5 %.

Après plusieurs décennies de développement effréné de zones commerciales en périphérie des villes, la tendance pourrait désormais s’inverser afin de sauver les centres-villes.

Si le constat est sombre, l’attachement des français à leur cœur de ville reste d’actualité. Selon le deuxième baromètre CSA des centres-villes, 59 % des français y sont attachés. Ce chiffre est encore plus important chez les 18-25 ans où il atteint 64 %. 32 % des français jugent leur centre-ville dynamique et 9 sur 10 ont le sentiment que leur modernisation doit être une priorité pour les maires. Le baromètre indique également que 73 % des personnes qui consomment beaucoup en ligne déclarent venir en centre-ville et délaisser la périphérie.

La Ville d’Angers, par l’intermédiaire de son adjointe au commerce, Karine Engel, a créé une cellule pour lutter contre les friches commerciales. L’objectif étant d’attirer des enseignes qui ne seraient pas présentes dans le centre-ville d’Angers pour relancer son attractivité.

La semaine dernière, en déplacement à Cahors dans le Lot, le Premier Ministre Édouard Philippe a annoncé vouloir débloquer 5 milliards d’euros pour un plan sur 5 ans visant à revitaliser les centres-villes. Ce plan a pour objectif d’accompagner les municipalités qui le souhaitent, dans les projets de réhabilitation de leurs centres.

« Il y a urgence de redonner vie à des centres-villes délaissés, vidés de leurs commerces, de leurs services et parfois de leurs habitants », a affirmé le Premier ministre Édouard Philippe.

« Notre pays est confronté depuis des années à des vitrines fermées, des immeubles dégradés, des rues délaissées qui nourrissent un sentiment d’abandon aux lourdes conséquences », a indiqué l’ancien maire du Havre.

Baptisé « Action cœur de ville », le plan de relance du gouvernement a pour objectif l’ouverture de nouveaux commerces, l’amélioration de la couverture internet, la rénovation de logements sociaux, la restauration de bâtiments anciens, la création d’écoquartiers et d’espaces publics.

Sur cinq milliards d’euros mobilisés, 1 milliard proviendra « de la Caisse des dépôts en fonds propres, 700 millions en prêts », 1,5 milliard d’Action Logement et 1 milliard de l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Le plan ne prévoit pas de liste de villes, mais s’adresse aux maires des communes intéressées. Les villes dont le projet pour le centre-ville est abouti pourront passer un contrat avec l’État « dès 2018 ». Celles dont le projet est en cours d’élaboration « seront accompagnées en 2018 » pour finaliser en 2019.

« On pense viser une trentaine de villes en 2018, et une trentaine en 2019 », estime une source gouvernementale.

Malgré ces bonnes résolutions, plus de 1,6 million de mètres carrés de magasins de plus de 1 000 mètres carrés ont été autorisés en 2016. Et d’ici à 2021, pas moins de 37 nouveaux centres commerciaux sont censés s’ajouter aux 800 déjà existants. En plus des 57 parcs d’activité commerciale en projets et les extensions, 2,5 millions de mètres carrés consacrés au commerce devraient voir le jour en France selon les données de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC).

  • durand

    Franchement moi le centre-ville ne m’attire plus, les magasins sont trop chers alors que dans les grands centres commerciaux on s’y retrouve largement et puis pas de problème pour le stationnement

    Demander plutôt l’avis des consommateurs au lieu de vous borner, à bloquer des projets d’extensions, car c’est le client qui est roi et pas vous décideurs dans vos salons

    • Florian

      J’ai une question que je me pose. Allez-vous de temps en temps dans d’autres centres-villes ? Nantes, Rennes, Bordeaux, Tours etc. ? Parce que dire qu’à Angers les magasins en centre-ville sont trop chers c’est vraiment méconnaître le reste de la France. Il y a en réalité très peu de magasins haut de gamme à Angers car notre pouvoir d’achat ici n’est pas très élevé.. Je n’ai jamais vu Louis Vuitton envisagé d’ouvrir un magasin à Angers 😉

      Pour le stationnement, très sincèrement c’est un faux problème. Idem, il faut aller voir ailleurs pour se rendre compte de la chance qu’on a ici. Parking du Mail, Parking Molière, Saint-Serge, parking gratuit de plus de 1000 places place la Rochefoucauld (je ne sais même pas si un parking gratuit de cette taille existe dans une autre ville comme Angers). Après c’est sur que si vous voulez rester 5 heures en villes l’après-midi juste en dessous de la place du Ralliement, le prix peut un peu monter et se garer en période de travaux ou Noël peut-être galère, mais un effort est possible 😉

      Vous pouvez continuer de consommer à Atoll, Carrefour, Espace Anjou et ne plus mettre les pieds en centre-ville, mais j’espère que vous n’êtes pas attachés au petit commerce car s’ils meurent vous serez autant responsables que les autres.

      Acceptez des projets d’extension d’Atoll et autres c’est acté la mort du centre-ville d’Angers, d’un art de vivre, de l’écologie, d’une partie de l’économie et d’un certain patrimoine… Une vision….spéciale !

      • durand

        Cher Monsieur nous sommes (bientôt en 2018) le centre-ville c’était bon dans les années 60.70.80 ,maintenant c’est complètement dépassé, Oui les prix sont excessifs ex, les galeries Lafayette, et autres vitrines comparés aux gros centres, pourquoi se casser la tête pour aller dans le parking des halles, ralliement, rochefoucaud quand on a tout dans les grands centres,dans un faible rayon.Je suis angevin de naissance 1962, et pas un samedi je ne manquais d’aller dans le centre, c’était convivial, maintenant c’est glacial, rien que les illuminations de Noël, comparé à l’atoll, c’est triste même s’il y a eu de l’amélioration, et la propreté des rues j’en parle pas, les chiens qui font partout, ,ça sent l’urine par endroits, on ne peut faire 100 M sans voir des personnes faire la manche etc.
        Non le centre D’Angers n’est pas attirant
        alors que ces messieurs décideurs dans leurs tours d’ivoire décident sans l’avis des consommateurs,(faire un sondage déjà)mais juste pour faire plaisir
        à quelques commerçants du centre,de bloquer tout projets je ne comprends pas ces décisions

        • Florian

          C’est plutôt l’inverse, le centre-ville revient aujourd’hui comme étant un repère, les gens veulent un retour au centre et non à des entrées de villes défigurées. Donc en 2018 ce n’est certainement pas la périphérie l’avenir, encore moins pour l’écologie, l’environnement et la planète.

          Vous prenez l’exemple des Galeries Lafayette mais je peux vous prendre de très nombreux exemples : Paillete, Boco, les Frères Boucher, Caliko, New Vintage, Five, Jade, Les petites cailles, Event’s, Cactus, L’Arrosoir, Le Repères des Héros, Geek Store, Caractères et Compagnies, La Petite Marchande, Saveurs du Primeur… et les nombreux bars et restaurants indépendants. Vous trouvez ce charme, ce contact et les produits proposés dans toutes ces boutiques à Atoll ? Impossible.

          Je suis en centre-ville tous les soirs. La propreté des rues, sincèrement, c’est pas un sujet une fois de plus sur Angers. Ce n’est vraiment pas très sale comparé à 90% des autres villes.

          En quoi « ne pas pouvoir faire 100m » sans voir quelqu’un faire la manche est-il un problème à part pour cette même personne ? (phénomène bien plus rare qu’ailleurs une fois de plus).

          Les messieurs décideurs (de qui s’agit-il ?), qui ne font plaisir qu’à quelques commerçants ? Vous n’avez pas dû lire l’article que vous commentez qui indique que 60 % des français sont attachés à leur centre-ville !

  • Florian

    Dire que les centres commerciaux n’ont rien à voir avec la vacance commerciale hum hum. A Rennes, c’est plus grand donc difficile de faire une comparaison claire. A Tours par contre il n’y a pas un géant comme l’Atoll de 90 000 m² ! (qui devait faire 60 000 m² et rester dans l’offre uniquement équipement de la maison pour ne pas faire de dégâts…). Dire qu’il y a une offre ridicule à l’extérieur d’Angers ? C’est justement ça le problème, l’offre est trop importante… Atoll (90 000m²), Espace Anjou (120 boutiques, à 2 min du centre), Carrefour Saint-Serge, Carrefour Grand-Maine…..

    Vous avez ce qui sert vraiment nos voisins ? Ce n’est pas leurs centre commerciaux ? De moins en moins d’angevins vont à Nantes ou Rennes voir Tours pour faire leur shopping dans les centres commerciaux comme Atlantis. C’est leur centres-villes ! Celui de Nantes est un modèle du genre. Plein de petites boutiques indépendantes, un centre-ville dynamique. Aujourd’hui les angevins entre 15 et 45 ans vont à Nantes principalement pour aller dans l’hyper-centre… CQFD

  • Philippe Delcroix

    Un peu de prospective: les grands temples de la consommation inutile qui cernent nos villes sont en perte de vitesse à cause du I-commerce . Les enseignes de centre ville tirent vers le bas pour une clientèle jeune, mais sans grand pouvoir d’achat ‘Primark etc…), les traditionnels de la bijouterie sont remplacés par des chaines type Swarowski, la tendance est donc au toc pas cher d’autant que le luxe est inabordable et réservéaux « riches » du pétrole et des pays en expansion et/ou mafieux type Russie, Chine etc……Il reste un nouveau style de vie à inventer plus centré sur la culture et le temps libre pour réanimer les centres villes ou le petit commerce classique est depuis longtemps moribond…cette tendance n’est pas propre à la France mais à l’Europe